Maneater : un jeu qui se croque à pleine dents

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Maneater est un RPG d’action et d’exploration en open world qui se croque à pleine dents, puisqu’il permet d’incarner un requin en quête de viande fraîche. Il est sorti le 22 mai sur PC, PS4, Xbox One et Switch. Vendu au prix de 37 Euros, ce titre offre-t-il plus que le simple plaisir de dévorer tout ce qui bouge ?

Les dents de la mer VS Les pêcheurs de l’extrême

Avec Maneater, nous revivons le célèbre film de Spielberg, « Les dents de la mer ». À la différence que cette fois-ci, nous ne fuyions pas les requins, mais nous en incarnons un. Ce jeu est un véritable défouloir, sanglant à souhait. Dès les premiers instants, nous plongeons dans le grand bain. Au-delà d’une simple boucherie, ou orgie (au choix), nous sommes guidés par une histoire somme toute banale. Connaissez-vous l’émission, « Les Pêcheurs de l’extrême » ? Car avec ce jeu nous nageons en plein dedans. Nous faisons la connaissance de Pete Scally, un pêcheur du bayou. Il traque un mégalodon à l’origine de la mort de son père. Pour ceux qui auraient oubliés, le mégalodon est une version géante du grand requin blanc, une espèce normalement éteinte dans la vraie vie, mais qui a refait surface dans les histoires contées par le pêcheur. Après un bref tutoriel, le requin que nous incarnons se fait prendre et éventrer par Pete. Mais voilà… Ce requin portait en lui une vie. Le petit squale est extrait du ventre de sa mère et tailladé avant d’être rejeté à l’eau. Nous voilà dans la peau de cette progéniture en quête de vengeance.

Plongée en eaux troubles

Le pitch étant donné, il nous faut maintenant dompter les eaux et faire grandir son requin afin qu’il passe de bébé à ancien. La carte offre huit environnements variés : baie, lac, marais, rivage, golf, etc. Pour passer d’une zone à l’autre, il faut réaliser un certain nombre de missions. C’est là que le bât blesse. Deux types de mission sont disponibles : des objets à récupérer (panneaux, plaques et caisses) disséminés un peu partout ainsi que des quêtes d’ordre alimentaires (manger des mérous, des humains, etc.). Le souci, c’est que ces objectifs sont identiques dans chacune des zones. Le jeu se révèle être extrêmement répétitif. Ainsi, si durant les premières heures le titre est très plaisant, voir jouissif, il devient ensuite trop vite lassant.

Gang de requins

Autre point noir, la difficulté de Maneater se situe proche du zéro. Les premières zones nous obligent à fuir certains prédateurs, comme les caïmans qui nous dévorent en deux coups de mâchoires. Il est donc nécessaire de récupérer des objets et réaliser des missions pour grandir et devenir plus fort. C’est ainsi que le côté RPG entre en jeu. J’avoue ne pas aimer les RPG trop poussés qui ont des millions d’améliorations à prendre en compte. Pour le coup, Maneater se révèle être simple et efficace. Nous pouvons progressivement améliorer notre requin avec des améliorations, certes, parfois loufoques, comme des dents bioélectriques, mais amusantes.

Le hic, c’est que notre squale devient très vite beaucoup trop puissant. Après seulement trois ou quatre heures de jeu, plus rien ne nous résiste. Les boss ne viennent même pas pimenter le jeu. En effet, nous devons affronter dix chasseurs avant de pouvoir se venger de Pete dans un ultime combat. Plus nous semons la terreur, plus le niveau d’infamie augmente. Lorsque ce niveau est au maximum, des hommes viennent en bateau pour nous abattre ; un peu comme dans GTA avec la police. Ils usent d’ailleurs de tous les moyens possibles allant même jusqu’à nous jeter de la dynamite. Il suffit alors simplement de les affronter pour faire venir l’un de ces supers chasseurs. C’est donc le joueur qui décide quand et où affronter ces boss. Bien que la difficulté de ces combats évolue au fil du temps, le niveau général reste malheureusement beaucoup trop faiblard.

Peur bleue

Les requins nous ramènent inévitablement au monde du cinéma. C’est d’ailleurs à partir du septième art que j’ai imaginé les sous-titres de cet article. Je suis tombée sur des titres de films complètement « WTF », comme Sharknado, Sharkalanche (c’est véridique !), Robot Shark, L’attaque du requin à deux, trois, cinq et même six têtes (complètement aberrant), Dinoshark (on aura tout vu. Finalement peut-être que non…), Shark Exorcist ou encore Sharkenstein. Bref, le grand écran aura connu le pire, comme le meilleur, mais surtout le pire en matière de requins.

Cet intermède me sert à vous expliquer que, malgré ses défauts, Maneater est tout de même un jeu totalement unique avec son lot de qualités. Parlons tout d’abord de l’environnement. Même si graphiquement le jeu est basique, il est tout de même joli et ses décors sont variés. J’ai adoré sauter dans une piscine, croquer des joueurs sur un terrain de golf ou m’enfuir dans des souterrains. La bande son est également extraordinaire, notamment les cris des humains dévorés qui sont tout aussi drôles que glauques. Finalement, Maneater est aussi bourré d’humour. Bien que les dialogues (en vostfr) n’apportent rien à l’histoire, ils sont drôles, noirs et décalés. Notons que la voix off est celle de Christophe Parnell, comique américain connu pour avoir été acteur de l’émission Saturday Night.

Conclusion

Il est bon de relever que Maneater est un jeu à classer dans la catégorie « WTF ». Sur le papier, il donne réellement envie. Toutefois, quelques ombres viennent noircir le tableau et c’est bien dommage. Ainsi, ce titre n’offre finalement rien de plus que le plaisir d’incarner un dangereux requin affamé. Le véritable atout de Maneater se résume en une grosse dose d’originalité assaisonnée à un humour noir bienvenu.  Finalement, bien qu’addictif d’une certaine manière, ce jeu manque cruellement d’idées et de difficulté.

Les plus :
  • Très bonne idée de base
  • Joli visuellement
  • Des zones variées
  • Jeu original et fun
  • Drôle, que ce soit la voix-off ou ce qu’il est possible de faire avec son requin
  • Ambiance sonore au top
  • Côté RPG très bien pensé
  • Aucun bug sur PC (un seul crash, mais la sauvegarde était efficace)
Les moins :
  • Concept mal exploité
  • Beaucoup trop répétitif
  • Trop simple
  • Vite lassant
  • Note finale : 12/20

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