Persona 5 ou les abîmes du cœur

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Persona 5 est un mélange des plus étranges et des plus délicieux. Croisement improbable entre le RPG et le visual novel, le jeu nous plonge dans les méandres du cœur pour offrir une exploration des plus variées ; du château à la pyramide en passant par la banque, les univers colorés de chaque donjon – aux mécaniques parfois complexes – tendent à être admirer par la richesse des détails. Il ne faudra cependant pas négliger le facteur temps, car en dehors du métavers, il est nécessaire de planifier son emploi du temps pour maximiser les effets de nos actions. Mais c’est avant tout de la bonne humeur avec Joker et sa bande ainsi que de bons repas pour fêter leurs victoires.

La confession

Après un didacticiel magistral et aérien, le jeu débute par les aveux de Joker qui explique comment son groupe s’est constitué ainsi que la méthode employée pour que leurs cibles se rendent publiquement. La narration est soignée aux petits oignons, le jeu alternant entre les phases d’animé, de sociabilisation et d’exploration entrecoupée de combats parfois ardus. Du point de vue des rencontres, Atlus n’a pas été de main morte sur le nombre de confidents, comme la doctoresse punk ou bien encore la professeure principale devenant une maid aux petits soins pour son maître. C’est cet univers varié qui m’a très rapidement séduit Le côté manga de l’œuvre m’a aussi tapé dans l’œil, peu d’entre eux m’ont laissé une forte impression. Je dois avouer que Persona 5 fait partie de cette catégorie de cœur qui m’accompagnera pendant un long moment.

La chaise électrique, un outil des plus effrayants…
Un goût de torture

Le soft ne serait pas ce qu’il est sans ses personae, créatures du métavers provenant du cœur des êtres humains. Joker possède la capacité de pouvoir en changer à volonté, a contrario de ses partenaires. Mais ce changement à un prix : une fusion revêtant la forme d’une guillotine ou d’une chaise électrique. Et si cet instrument ne fonctionne pas, ce sont les adorables gardiennes, Justine et Caroline, qui se chargeront de finir les créatures à la tronçonneuse ! Et ne parlons pas du lieu dans lequel l’exécution se déroule, une prison dans laquelle Igor, le sinistre chef, règne en maître. Là encore, le contraste se fait ressentir entre le côté barbare de l’exécution et l’aspect innocent des deux filles qui sont en charge de ce processus malsain. Cette complexité à appréhender la vraie nature des sentiments est, selon moi, le cœur de Persona 5. J’ai ainsi connu des personnes qui au bout d’un moment tombaient les masques et révélaient leur vraie nature. C’est cette sensation que j’ai retrouvé dans ce soft, une introspection tout d’abord, car la psychologie est omniprésente par les diverses représentations des typologies de caractère des personnages, Joker étant le plus difficile à cerner. Mais aussi une quête de vérité par rapport aux personnes qui peuvent m’entourer.

Pour conclure, je dirais que Persona 5, dans sa dernière édition Royal, est le jeu de l’année pour tout RPGiste qui se respecte. Le rythme, la musique, et le côté manga de l’œuvre sont autant de bons points à déguster comme un buffet aux choix illimités. La profondeur du jeu est aussi ce qui m’a fait craquer pour cette édition royale qui comporte un nouveau personnage jouable rajoutant une nouvelle page à ce traité de psychologie.

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