Final Fantasy VII Remake: un retour aux sources difficile

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Tous les joueurs de RPG se souviennent avec émotion de Final Fantasy VII, un monument du genre qui arrivait enfin en Europe. Cet univers a été développé au travers de nombreux jeux ainsi que d’animés, parfois exclusifs au Japon. Square, devant un tel engouement pour ce titre, a décidé de relancer la machine pour satisfaire l’attente des joueurs qui demandaient à corps et à cris un portage avec les standards graphiques actuels.

Un train arrive en gare

L’histoire débute exactement de la même façon que le jeu original : Cloud, perché sur un train, saute lors de l’arrivée de ce dernier sur le quai et nous voyons Biggs, Wedge et Barret sortir de l’engin. S’ensuit un combat didacticiel. Le contrat est donc respecté, l’histoire n’a pas changé et c’est tant mieux ! Cependant, ne pensez pas faire le jeu en entier, car ce remake n’est que la première partie, s’arrêtant à la sortie de Midgar. Mis à part cela, les réjouissances sont de rigueur: des ajouts importants ont été réalisés, comme l’inclusion de nouveaux quartiers et de quêtes nous renseignant sur le background des personnages nous entourant. Si la (re)découverte de Midgar est un plaisir, être guidé en permanence le sera moins. La linéarité, apparue notamment dans Final Fantasy XIII, s’impose à nouveau dans ce titre. L’impression de passer de scène en scène sera donc des plus fortes, puisqu’il sera impossible de revenir en arrière pour explorer.

L’action avant tout

La rénovation du jeu s’est faite en profondeur, ce qui a entraîné un changement de gameplay drastique. Le jeu original était un tour par tour, ce remake est un A-RPG offrant trois choix de difficulté pas vraiment équilibré puisque le mode normal (le plus « difficile ») n’offre pas de challenge particulier. Heureusement qu’un mode hard se débloque une fois l’aventure finie. Le jeu conserve le système des matérias: des pierres offrant divers effets et pouvoirs selon leur couleur respective. Mais pour ne pas abuser de cela, une limitation a été créée via la jauge ATB propre à la série Final Fantasy. Il faut remplir des segments de cette jauge afin de pouvoir lancer un sort; l’utilisation des objets en combat subit les mêmes restrictions. Les invocations apparaissent très tôt, alors que dans le jeu original, la toute première disponible se trouvait à la ferme des chocobos, en dehors de Midgar. Malheureusement cela nuit au jeu, d’une part l’invocation ne se déclenche que lorsque un personnage est mal en point et d’autre part cette dernière reste un moment sur la zone de combat afin d’aider les personnages avant de partir dans une attaque puissante mais pas à la hauteur de l’éon.

L’accent est mis sur l’action
Un jeu trop casual

L’évolution des personnages reste simple: les combats rapportent de l’expérience qui permet de de prendre des niveaux. Ensuite c’est au tour des matérias, toutes celles équipées prennent des points spécifiques selon les ennemis éliminés. Puis, grosse nouveauté pour le jeu, l’évolution des armes par un sphérier fait son apparition. Ce dernier avait été introduit dans le dixième opus de la série, puis retravaillé pour le XIII. Le nombre d’arme disponible par personnage s’en trouve largement amputé, mais offre certaines flexibilités qui n’existaient pas dans le jeu de 1997. Chaque fois qu’un personnage prend un niveau, il obtient des points qu’il peut mettre dans ses armes afin d’acquérir des statistiques bonus. Tout cela rend le jeu beaucoup trop facile, le casual prendra plaisir à cela, mais pour un hardcore gamer, le challenge sera des plus faibles.

Un monde magnifique, oui mais…

Final Fantasy VII passe bien sûr par la case du remaniement graphique, un véritable travail artistique a été réalisé afin de donner vie à ce jeu. Les effets de lumière, les magies, le travail sur les personnages, et bien d’autres choses encore, ont de ce remake une claque visuelle. Mais, comme chaque œuvre, Final Fantasy VII Remake possède lui aussi ses zones d’ombre. De nombreux problèmes de textures apparaissent, gâchant l’émerveillement devant la technicité du titre, le niveau de détail des PNJ s’en trouvent amoindri. Lors des phases de discussion pour prendre une quête ou pour faire avancer l’histoire, la pauvreté de l’animation des personnages est remarquable. La caméra est trop statique peut-être pour coller au matériau de base…

Le niveau de détails ainsi que la gestion des ombres et des lumières sont impressionnants
Des nouveautés insipides

Des nouveaux quartiers ainsi que des pans d’histoire exclusifs apparaissent, approfondissant le background des personnages même secondaires. Ce travail mérite des salutations puisqu’il permet au joueur de plonger plus au cœur de la narration. Cependant, encore une fois, le jeu n’est pas maîtrisé. Si l’ajout de certains éléments reste une bonne idée, la nécessité de ces scènes est à remettre en question. Étant donné que le jeu s’oriente A-RPG, ces ajouts servent surtout de prétextes à mener des combats parfois longs et sans grand intérêt.

Les dangers du remake

Un remake, comme son nom l’indique, est loin d’un remastered. Il propose une relecture intégrale de l’histoire en offrant un nouveau de point de vue, ainsi que des innovations. Square a bien compris cela, mais a sans doute été trop loin, pour pouvoir contenter tous les joueurs. Mais à vouloir plaire à trop de monde, le jeu s’en trouve dénaturé et éloigne la communauté des fans de Final Fantasy VII. Ce titre, par bien des aspects, est un jeu dans l’univers du VII, mais n’est pas le remake tant attendu. Pour ma part, je lui donne un 14/20, le jeu offrant une expérience des plus plaisantes, mais souffrant de trop de soucis pour obtenir une meilleure note, notamment cette linéarité qui bride les joueurs.

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